samedi 20 septembre 2014



conservation à Hawaii

Pour la pérennité d'espèces endémiques

par
Viateur Boutot

Le botaniste Steve Perlman collecte des graines d'une des rares plantes de l'espèce Peristylus holochila qui est inscrite sur la liste cible du programme de prévention de l'extinction de plantes d'Hawaii.


C'est avec détermination que le botaniste Steve Perlman et des collègues interviennent dans les habitats de l'archipel d'Hawaii pour la sauvegarde d'espèces menacées, notamment Platanthera [Peristylus] holochila1, une des trois orchidées indigènes présentes à Hawaii2.

En raison de son isolement géographique, au milieu de l'océan Pacifique, l'État d'Aloha (surnom d'Hawaii) est le lieu de répartition d'environ 1 200 plantes indigènes dont 90 %  sont endémiques à l'archipel3.

   Or, aux États-Unis, Hawaii est l'État qui compte la plus grande proportion d'espèces indigènes menacées, soit près de 40 %.


Steve Perlman et Wendy Kishida – coordonnatrice, pour l'île de Kaua'i, du programme de prévention d'extinction de plantes – inspectent une cage posée pour protéger une plante de l'espèce Peristylus holochila qui a été réintroduite dans le parc de Kokee.


Les populations d'espèces indigènes ont été réduites au cours des années en raison, notamment, de l'introduction d'espèces envahissantes – plantes et animaux – et de la perte d'habitats au profit d'activités agricoles ou par l'extension des zones habitées. Également, des événements naturels incontrôlables tels que des ouragans et des sécheresses ont contribué à cette diminution.

Le botaniste Steve Perlman qui est, depuis plus de 40 ans, au cœur d'activités de protection des espèces menacées d'Hawaii signale que plus de 100 espèces de l'archipel sont aujourd'hui disparues.

Perlman est maintenant responsable, à l'échelle de l'État, du programme de prévention d'extinction de plantes [Plant Extinction Prevention Program]. Les gestionnaires du programme concentrent leurs efforts sur la protection d'espèces qui comptent moins de 50 plantes dans leurs habitats.

Des actions dynamiques sont menées. Déjà, des milliers de plantes d'espèces indigènes menacées ont été réintroduites dans leurs habitats d'origine.
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    1  Le nom accepté de Platanthera holochila est Peristylus holochila (Hillebr.) N.Hallé. La description originale, sous ce nom, a été publiée dans la revue Orchidophile (Asnières) 40 : 1481 (1980).


2  Nos plus fidèles et attentifs lecteurs se souviendront de l'article que nous avons publié dans le numéro de juin 2010 de la Gazette orchidophile [p. 5-7] qui portait sur la conservation de Peristylus holochila et dans lequel était mentionnée la présence de deux autres espèces endémiques dans l'archipel d'Hawaii : Liparis hawaiensis et Anoectochilus sandvicensis.


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dimanche 29 juin 2014



au sud de la Colombie

nouvelles aires de distribution

par Viateur Boutot
 


Epidendrum portokalium, collecté en 2009 par l'architecte Roberto de Angulo Blum, dans le municipio de Santa Rosa3, dans la région du Sud-Est de la Colombie appelée Bota Caucana, un micro-bassin du fleuve Amazone.

L'aire de distribution de l'espèce, Epidendrum portokalium1, auparavant établie pour l'Équateur inclut maintenant la Colombie. En février 2014, l'architecte Roberto de Angulo Blum qui a collecté un spécimen de l'espèce au sud de la Colombie et le taxinomiste Eric Hágsater – qui a nommé cet Epidendrum en 20041 – ont annoncé conjointement que l'aire de distribution identifiée comprenait maintenant les deux pays2.

Les données de collecte en Équateur indiquent que l'espèce est présente à des altitudes allant de 160 à 2 700 m.1



espèces menacées

par Viateur Boutot

Roberto de Angulo, citant une évaluation de l'Instituto Alexander von Humboldt7, souligne que 33% de la flore en voie d'extinction en Colombie fait partie de la famille des Orchidaceae. Cette situation découle du déboisement incontrôlé et des incendies de forêt. Parmi les espèces les plus menacées de disparition, l'orchidophile de Popayán mentionne celles appartenant aux genres Anguloa, Cattleya, Dracula, Masdevallia, Miltoniopsis et Odontoglossum.  



En 2008, de Angulo Blum a collecté, à une altitude de 1 750 m, dans la vereda4 de Tambito – municipio de El Tambo, Département du Cauca – dans la cordillère Occidentale, un spécimen de l'espèce Lepanthes geminipetala5. Soumis à l'attention du taxinomiste Pedro Ortiz, celui-ci publia une description de cette orchidée dans la revue Orquideología, en décembre 20096, en précisant que l'aire de distribution connue de l'espèce auparavant rapportée pour l'Équateur incluait la Colombie.

photos : Carlos Augusto Mesa Londoño, Envigado (Colombie)

voir ses autres photos d'orchidées --> https://www.flickr.com/photos/94427166@N03/  



L'architecte colombien signale que les collectes intempestives sont particulièrement néfastes et sans lendemain pour les orchidées prélevées pour être vendues à des prix dérisoires, notamment celles extraites du páramo (à plus de 3 000 m) qui ne survivent pas en culture, les conditions qui prévalent dans leur habitat ne pouvant pas être reproduites de façon appropriée. Il conclut que ces collectes conduisent à la disparition pure et simple d'espèces.